Psycho

Je donne trop et ça m’épuise

C’est chiant l’introspection non ? Depuis que je suis de nouveau seule je me suis mise à penser à mes faits et gestes. Et, loin d’être parfaite, je me suis rendue compte d’un truc : je donne énormément. Que ce soit psychologiquement, émotionnellement, physiquement ou encore matériellement. Je donne sans forcément attendre quelque chose en retour mais à terme c’est épuisant.

Donnez, Dieu vous le rendra

(Oui commencer cet article avec les paroles d’Enrico Macias n’est peut-être pas le choix le plus judicieux à faire je le reconnais.)

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours donné. Je m’attache très vite aux gens, j’aime aider et j’aime rendre les gens heureux. Je suis prête à me plier en quatre pour faire ce qu’il faut pour que tout le monde se sente bien. J’aime faire de jolis cadeaux, écrire de longs messages pleins d’amour (ma spécialité) et dépenser des sous dans de belles choses à offrir. Cependant, depuis un moment, je ressens plus de l’épuisement que du plaisir. En donnant ainsi je ne cherche pas forcément une reconnaissance ou qu’on me donne quelque chose en échange mais plutôt une lassitude. Car donner c’est bien, trop c’est mauvais.

Que ce soit dans mes relations amoureuses ou amicales je me donne toujours à 100%. Moins avec des gens que je côtoie moins souvent mais mes amis qui me tiennent à coeur savent qu’ils peuvent compter sur moi. Mais récemment entre ce que j’ai donné dans ma relation amoureuse et dans mes relations amicales je me sens totalement vidée. Est-ce que je donne trop ? Est-ce que je donne mal ? Probablement. Au moins je sais que je m’en rends compte mais est-ce que ça suffit pour changer les choses ? Peut-être pas.

Selon une étude de la Harvard Business Review il existe quatre profils : les takers, les matchers, les self-protective givers et les selfless givers. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie se trouve bibi… bingo la dernière. Ceux qui donnent aux autres sans penser à soi-même en premier lieu, qui ne se mettent pas de limites et qui deviennent des cibles faciles pour les takers.

Savoir quoi donner

Donner c’est bien, intelligemment c’est mieux. Mon problème c’est que je veux tout donner, tout le temps. Or c’est impossible. Et pas qu’avec mes relations, dans mon travail personnel ou professionnel aussi. Je veux tout faire et au final je ne fais rien car c’est beaucoup trop pour une seule et même personne. J’aime et je veux absolument être un soutien moral pour mes amis, j’aime les écouter, leur donner des conseils (à ma hauteur évidemment) et être là pour eux. Si je peux être présente aussi physiquement je le fais, donner un coup, traverser la France le temps d’un week-end pour l’anniversaire d’un ami... Bref vous l’aurez compris je veux faire plaisir. Maintenant attaquons la partie la plus délicate : l’argent (ou le flouze comme dirait les jeunes).

Même en ayant très peu de moyens il y a quelques temps, j’ai toujours tout fait pour faire plaisir aux gens, à Noël ou autre. Et notamment à ceux qui, pour moi, le méritaient vraiment. Ce qui m’a valu quand même d’offrir un livre qui coûtait 40€ à quelqu’un qui n’en valait finalement pas la peine (oui même pour moi je ne me suis jamais achetée un livre à 40€ c’est dire). Maintenant que j’ai une situation stable je ressens encore plus le besoin (ou le devoir) de faire des gestes envers les autres. D’offrir, de donner, de dépanner. Attention je ne blâme pas ces gens pour ça, je les aime profondément et si c’était à refaire je le referais sans hésiter. Mais je me rends bien compte que c’est trop. Que sur des coups de tête j’envoie valser des 100 ou 200€. J’y peux rien, c’est ma nature, je veux aider de toutes les manières possibles.

Sauf que j’ai mes dépenses personnelles, des plaisirs que je veux m’offrir et que je ne peux pas forcément et par dessus tout un crédit immobilier qui me tombera bientôt sur la tête. Margaux, va falloir calmer tes ardeurs.

Mais pourquoi je donne au fait ?

En commençant mon introspection, c’est la première chose que j’ai évidemment remarqué chez moi. Alors forcément la question du pourquoi je fais ça a rapidement suivi. Je vous rassure, la réponse est assez simple :

J’ai peur de ne pas être aimée.

C’est con comme la lune hein ? Bon en vrai il y a plusieurs facteurs qui entrent en compte mais celui-là est le plus important. Moi et mon manque de confiance on est copains comme cochons. Résultat, je suis persuadée qu’on ne peut m’aimer puisque je n’ai pas de qualité. Ah si une, la générosité (forcément). Quel joli cercle vicieux. Alors donner est ma façon de montrer que j’aime les gens en espérant qu’ils m’aiment en retour.

Autre raison ? Le syndrome de l’imposteur, oui encore lui. Voilà quasiment un an que je travaille comme chargée éditoriale pour la Freebox Pop (vous avez la pub en tête ? Bah moi aussi et elle me soûle) et même si j’adore mon travail je reste toujours autant persuadée que je ne mérite pas cette place. Et donc qu’avec cet argent que je gagne, je ferais mieux de le donner à mes potes qui ont besoin d’aide. Ça me frustre d’être dans cette position privilégiée alors que je n’ai rien fait pour la mériter. Ça me frustre de voir tous mes amis galérer pour trouver un travail (même le plus indécent), ça me tue de me dire que j’ai les moyens de devenir propriétaire alors pour essayer de calmer ma frustration je compense comme je peux, avec les moyens du bord.

Bon, et on fait quoi alors ?

(Attention tous les conseils que je vais donner je ne les applique pas déjà moi-même donc bon…)

Déjà on va relativiser. S’en rendre compte c’est une première étape non ? Apprendre également à ne pas tout arrêter d’un coup. Ça ne sert à rien de passer d’un extrême à un autre mais y aller par étape. Apprendre à s’écouter et à mettre des limites. Prendre soin de soi avant de prendre soin des autres est primordial et lorsqu’on sent que c’est trop on arrête. On arrête de dire oui à tout, on arrête de faire plaisir aux autres si ça ne nous fait pas plaisir bref, on apprend à dire stop avant que ce soit trop tard.

En farfouillant l’internet j’ai découvert que tout ce concept avait un nom : le generosity burnout. Cette idée a été évoquée par les professeurs Adam Grant et Reb Rebele (oui un peu de culture ne fait pas de mal). Adam Grant explique dans son live Give and Take que ce burnout peut même blesser les gens autour de vous qui n’auront plus le même soutien de votre part à cause de votre épuisement. Est-ce que c’est ce qu’on veut ? Non.

Alors on respire un coup et on prend soin de soi pour mieux prendre soin des autres par la suite !

Allez un check avec le masque, Margaux.

Un commentaire

  • Pia

    Salut Margaux,
    On est le 29 novembre 2021, tu as écrit cet article sur lequel je viens de tomber.
    Je te contacte pour te poser quelques questions sur ton introspection, parce que je me cet article me fait tellement penser à moi que j’aurais pu l’écrire.

    Je sais que je donne trop et que c’est mauvais pour moi, même si j’aime ces relations si fortes et intenses. Mais j’ai du mal à savoir comment prendre soin de moi. Tu as des idées?

    Je me demande aussi pourquoi j’ai peur de ne pas être aimée, et comment faire pour que ça change.

    Merci en tous cas pour cet article, il m’a permis de voir que je n’étais pas seule comme ça
    Prend soin de toi,

    Pia

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