Expériences

J’ai arrêté mes études (plusieurs fois)…

Ah les études… Ce sujet fâcheux. Enfin je ne me suis jamais entendue avec elles et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé. Entre la pression personnelle, celle de la société et les multiples possibilités qui s’offrent à nous dès le lycée on peut vite s’y perdre. Et puis il y a moi qui a commencé plusieurs études et qui les a arrêté. Mais promis ce n’est pas grave et on peut s’en sortir, j’en suis la preuve !

Maman j’aime pas l’école !

Pourquoi cette aversion pour le système scolaire ? Elle est là depuis ma naissance. C’est-à-dire que je pleurais déjà sur le chemin de l’école pour aller en maternelle et j’étais loin de dire non lorsque ma mère – qui avait pitié de moi – ne me mettait pas l’après-midi à l’école. Et autant dire que chaque année c’était plus ou moins la même rengaine (ok j’ai arrêté de pleurer et de m’accrocher au premier poteau que je trouvais dans la rue comme si ma vie en dépendait) mais il faut dire que c’était pas facile pour moi et quand j’y repense je comprends assez vite pourquoi j’ai autant détesté l’école.

J’avais des problèmes de vue, comme beaucoup d’enfants me direz-vous sauf que personne ne s’en ai jamais rendu compte avant que je sois au CP. Ce qui veut dire que j’ai passé cinq ans dans le flou absolu ce qui veut dire entre autres que je galérais pour mes exercices, faire un puzzle de dix pièces me prenait trois heures, je ne reconnaissais pas mon nom au tableau et encore moins ma mère quand elle venait me chercher. Sauf que la maîtresse, au lieu de se dire qu’il y avait peut-être un souci quelque part, préférait me punir en me laissant pas sortir. Bref le problème s’est réglé après ne vous en faites pas je ne suis pas restée une taupe toute ma vie mais déjà cette première expérience est peu agréable. Ajoutez à cela un manque flagrant de sociabilité et forcément ça devient rapidement compliqué.

Maman j’aime pas le collège !

La période collège/lycée n’était vraiment pas mieux. Parce que la non-sociabilité en primaire ça va on peut gérer, la non-sociabilité au collège et au lycée c’est plus compliqué. En plus rajoutez à ça les problèmes de confiance en soi qui débarquent en même temps que les premiers amours, l’arrivée des premières règles, l’acné qui décide de se faire un nom sur ton faciès et franchement c’est pas la joie. Parce qu’en plus t’as toujours le groupe de filles bien fringuées à la peau photoshopée et aux pores inexistants qui te font sentir comme la dernière des merdes. Alors cette ambiance non propice ne m’a vraiment pas aidé à me sentir à l’aise et à ma place, ce qui s’est largement ressenti dans mes résultats qui ont chaussé leurs skis pour faire une grande descente. Que j’ai réussi à aller jusqu’au bout et à avoir mon bac relève du miracle mais jusque là on a pas encore abordé le vrai sujet : les études supérieures.

Bon, je fais quoi maintenant ?

Savoir le métier qu’on veut faire plus tard est aussi une tâche ardue. C’est bien beau de rêver mais une fois les pieds dans le plat c’est pas aussi simple que ça. Tout au long de ma (courte) vie, je suis passée par plusieurs envies de métiers : star (oui j’étais persuadée que c’était un métier ne me jugez pas), coiffeuse, archéologue, architecte… Je me suis arrêtée à cette dernière option pour partir en école d’art d’autant plus que mes professeurs m’avaient toujours dit qu’il valait mieux que je fasse une école d’art (j’étais aussi tentée par le journalisme mais comme vous le comprenez j’ai eu le stop de ma vie). Me voilà partie en école d’art, plus précisément en prépa d’arts appliqués où j’ai vu l’architecture, la scénographie, le dessin et le design. En cours d’année je me suis rendue compte que l’architecture n’était pas fait pour moi (vous verrez ça m’arrivera souvent) et que je préférais largement le design de produits. Du coup changement d’école pour aller en BTS Design de produits. Sauf qu’au fond de moi il y avait toujours cette envie de journalisme que j’ai refoulé par peur de changer totalement de direction d’autant plus que mes écoles étaient privées, que mes études avaient demandé un énorme effort financier de la part de ma mère donc lui dire du jour au lendemain « Maman j’arrête l’art je veux faire du journalisme » avait tout d’un caprice plus qu’autre chose à mes yeux. Sauf que ça m’a desservi, je me sentais de plus en plus mal, de moins en moins à ma place et j’allais en cours sans en avoir réellement envie. Ce qui fait qu’un jour ça a pété, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en annonçant à ma mère que c’était pas ce que je voulais faire.

Plus de peur que de mal puisqu’elle l’a bien pris et me voilà donc en quête d’une nouvelle école pour étudier le journalisme, l’excitation est à son comble !

Si on fait les comptes ça fait déjà deux parcours que j’arrête quand même… et c’est pas fini !

Ça y est, je suis en école de journalisme. C’est génial, j’aime ce que je fais, je suis pas trop mauvaise mais j’ai un énorme souci : je n’aime toujours pas l’école (et je suis un poil feignante aussi on va pas se le cacher) du coup j’ai séché des cours… souvent… si bien que je me suis déjà retrouvée dans le bureau du directeur oops. Il n’empêche que je l’ai eu mon diplôme ! C’est bien le seul alors autant vous dire que je le garde précieusement. Entre temps ma passion du cinéma s’est largement développé (oui quand je séchais c’était pour aller au cinéma, donc c’était quand même pour la bonne cause) et j’ai voulu approfondir mes connaissances en cinéma en continuant avec une licence cinéma.

Vouloir entrer à la fac ? GROSSIÈRE ERREUR

Par un drôle de concours de circonstance je me retrouve à Paris 3 en licence cinéma. Sauf que la fac vous savez très bien que si on a pas un minimum d’auto-gestion c’est mort. Bah là, c’était mort car au bout de deux semaines je séchais quasiment tous mes cours. C’est mal, je le sais, j’avais payé de ma poche les frais en plus donc je ne peux que m’en prendre à moi-même. Sauf que voilà, rester le cul vissé sur une chaise en bois dans un amphithéâtre c’est pas ma tasse de thé. J’ai vite compris que je préférais apprendre sur le tas, à mon rythme et à ma façon sans que ce soit le concours de celui qui a vu le plus de films d’avant les années 50 (bien que ce genre de guerre débile se déroule tout le temps sur Twitter). Ce qui fait que j’ai vite lâché l’affaire même si je suis passée en seconde année, je suis pas allée plus loin puisque j’étais censée redoubler ma deuxième année et que j’ai finalement abandonné la fac.

Oui mais après ?

Après c’est compliqué. Parce qu’il faut quand même travailler mais si on veut travailler il faut des diplômes et plus on a de diplômes mieux c’est. Autant vous dire que j’ai fait valdingué ce dicton d’un sacré coup de pied car après avoir erré un an (sans que personne ne le sache) au cinéma, on me contacte pour un travail. Un travail que j’ai accepté, dans lequel je suis totalement épanouie et qui me permet de dire que ce que je fais est top secret pour l’instant. Alors même si je pourrais jamais me vanter d’avoir fait de grandes études, d’être blindée de diplômes, j’ai la fierté de dire qu’aujourd’hui j’ai réussi à ma façon.

Bref…

On juge souvent les gens qui arrêtent leurs études ou qui changent de voie ce qui fait que lorsqu’on est confronté à cette situation on le vit pas forcément bien. C’est déstabilisant de ne pas savoir ce qu’on veut faire, de voir les autres copains être en master alors que toi tu recommences une licence et vis-à-vis de nos parents ce n’est pas facile non plus. Tout ça pour te dire que ce n’est pas grave, qu’un chemin peut avoir plusieurs bifurcations et que tout n’est pas toujours facile dans la vie malheureusement. Si tu te rends compte que tu as pris le mauvais chemin, prends le temps de te poser, de réfléchir au pour et au contre, savoir si c’est bien réel ou juste une fatigue passagère, parles-en autour de toi, à tes amis si jamais tu ne veux pas encore évoquer ce sujet avec tes parents mais dans tous les cas, peu importe ce qu’on peut te dire, tu as le droit de te tromper. Et honnêtement, mieux vaut se tromper maintenant que se rendre compte dans 20 ans qu’on est coincé dans un métier qu’on déteste. Fais ce que tu aimes, entreprends des projets personnels (un blog, une chaîne Youtube…) qui te tiennent à coeur et le reste suivra mais dans tous les cas tu ne dois jamais t’en vouloir de faire ce que tu aimes.

Et toi ? T’es tu déjà retrouvé dans cette situation ? Comment l’as-tu géré ? Viens en discuter dans les commentaires si le coeur t’en dit !

La bise (mais de loin pour l’instant), Margaux.

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